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    Tour d’europe des marchés qui claquent

    TOUR D’EUROPE DES MARCHÉS QUI CLAQUENT

    – 23 août 2017 –

    Créateurs de lien social, les marchés ont depuis longtemps cessé de répondre uniquement aux besoins primaires pour satisfaire une fièvre autrement plus pressante : celle de l’expérience client. Leurs organisateurs rivalisent donc d’originalité pour faire de ces rendez-vous hebdomadaires des incontournables. Un mois après la sortie de son étude, Atrium.Brussels vous propose un tour des étals européens !


    Le plus hype : Time Out Market, Lisboa

    Toujours à l’affût des bons plans sorties, bouffe ou divertissement, le magazine Time Out est depuis 1968 un acteur majeur sur le marché des guides urbains. Actives dans 39 pays et 108 villes, ses équipes rédactionnelles, éparpillées dans le monde entier, dévoilent mensuellement leurs secrets, en version virtuelle ou papier, à 156 millions d’hédonistes citadins.

    En 2010, l’équipe affectée à Lisbonne remporte le concours lancé par la ville : un appel à organisateurs pour le célèbre  » Mercado da Ribeira « . Ce marché, dont les origines remontent aux années 1100, a connu bien des péripéties au cours de son histoire, entre déménagements, incendie, tremblement de terre, constructions et reconstructions. Un véritable challenge.

    24 restaurants et 8 bars plus tard, le premier Time Out Market voit le jour, agrémenté d’un espace consacré aux concerts et aux divertissements. Et parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, les anciens stands horeca « da Ribeira » sont conservés. Une douzaine d’étals proposant aux papilles en émoi le meilleur de la mer et de la terre lusitaniennes.

    Depuis son ouverture en 2016, le Market a accueilli 3,1 millions de visiteurs et a été décliné à Porto. D’ici la fin 2017, Big Ben, toujours à l’heure, passera également son  » Time Out « .


    Le plus grandiose : Market Hal, Rotterdam

    Si les changements de législation sont perçus pour certains comme une entrave au bon fonctionnement de leurs activités, d’autres y voient une opportunité de se réinventer. La ville de Rotterdam en est un bel exemple. Quand l’Europe durcit la réglementation en matière de vente de produits alimentaires en plein air comme le poisson, la viande ou le fromage, la ville décide de mettre en place l’ambitieux projet de  » Market Hal « .

    En 2009, les bulldozers entament le travail qui va permettre au premier plus grand marché couvert hollandais de voir le jour. Sous les commandes de l’agence MVRDV, ce petit bijou d’architecture (11.000m2 de retail tout de même) s’élance vers le ciel, en parfaite harmonie avec son temps et son environnement.

    Un savant mélange de commerces et de logements (plus de 200 appartements), intégrant un système de chauffage par pompe à chaleur, un affichage d’informations instantanées sur les transports en commun, des bornes pour voitures électriques, des nichoirs à chauves-souris et hirondelles,… Autant d’éléments qui permettent d’atteindre l’objectif fixé (55%) pour l’évaluation BREEAM, référence mondiale de durabilité des infrastructures et des bâtiments.

    En octobre 2014, le colosse est inauguré de manière royale par sa Majesté la Reine Maxima. Son coup de ciseaux lève le rideau sur 96 étals, 20 magasins et restaurants, sous les  » hup ! hup !  » du peuple hollandais. Depuis lors, riverains, touristes ou travailleurs, s’y croisent et s’y retrouvent quotidiennement – car le marché est ouvert 7 jours sur 7 – pour contempler, manger, vendre et acheter, dans cette corne d’abondance qui n’en a pas que le décor.


    Le plus mûr : Torvehallerne Market, Copenhague

    Il aura fallu beaucoup de temps et de patience pour voir s’ériger le Torvehallerne Market de Copenhague.

    1997. Assis sur un banc qui borde Israels Plads, Hans Peter Hagens observe le balai un peu glauque de danseurs pas comme les autres. Les entrechats de pigeons font de l’ombre au tapin des dealers de la place, comme si les arabesques des voitures ne suffisaient pas, sur cette scène de parking mal éclairée.

    Nostalgique d’une époque qu’il n’a pas connu, Hans est persuadé que le spectacle qui s’y tenait jusqu’aux années 60 était sans nul doute mieux exécuté. Un tango synchro de maraîchers bien entraînés, qui vendaient des fleurs plutôt que de recevoir des tomates.

    Déterminé, Hans suggère dès lors aux autorités publiques de revenir à une chorégraphie digne de ce nom. De Cuba au Maroc, en passant par la Chine, il parcourt le monde d’étals en étals, ramenant dans son panier les meilleures inspirations en termes de marchés. De son chapeau, l’architecte ressort deux propositions de palais de glaces aux influences de “Mezquita”.

    Ravies, les autorités peinent pourtant à mettre le projet en branle. Crise d’égo, politique ou financière, le marché ne verra en définitive le jour qu’en 2011.

    2011. Bienvenue au Super Market! Ici, pas de rayonnages ni de caddies, mais plutôt une soixantaine d’étals, mettant en avant toute la délicatesse du bien manger européen. Du bleu français aux meilleurs rouges italiens, tout est frais, beau et fin. On remplit son cabas d’une main, et on satisfait ses papilles de “Smorrebrod” de l’autre. Les sardines sont en boîtes, mais millésimées : exit le Supermarket.


    Le plus sensoriel : Mercato di Porta Palazzo, Turino

    Bienvenu au marché des superlatifs, “il mercato di Porta Palazzo”, le plus antique et le plus grand marché non couvert d’Europe. Situé sur la Piazza della Republica de Turin – qu’il couvre dans sa quasi-totalité, sur 51.000m² –, ce dernier voit débarquer chaque jour vers 5h du matin plus de 700 ambulants, traînant courageusement leurs chariots lourdement chargés. Des triporteurs viennent parfois les délester de leur fardeau pour les derniers mètres, en échange d’une piécette.

    Véritable attraction de la ville, le mercato permet aux habitants de tout le Piémont et alentours de s’approvisionner quotidiennement. S’il s’agit principalement de fruits et de légumes, les amateurs de pain, de focaccia, d’huile ou d’herbes aromatiques ne sont pas en reste. Ces produits occupent l’espace extérieur, tandis que la viande, les charcuteries, le fromage et le poisson sont répartis dans les 3 halles historiques de la place.

    Phénomène récent, et dans l’air du temps, la région exprime de plus en plus d’intérêt pour la filière courte. À cet effet, un espace a été spécialement réservé pour les petits producteurs régionaux (Farmers Market). Pour la plupart bio, ils sont certifiés à moins de 100 km de la Turinoise.

    Au-delà de l’attraction qu’il engendre, le marché est aussi un grand pourvoyeur d’emplois pour les Piémontais moins qualifiés. Montage ou transport des stands, chargement et déchargement des marchandises, … Ce sont au final plus de 1000 postes qui sont occupés sur l’ensemble du Mercato.

    Petit détail, mais pas des moindres, l’organisation du marché met à disposition des ambulants débutants une série d’avantages et de services d’accompagnement. Du stand temporaire à prix réduit aux formations en logistique, marketing ou communication, tout est fait pour que les petits nouveaux puissent s’inscrire dans la durée.


    Le plus innovant : Mercat Santa Caterina, Barcelona

    Situé au bord de la “Ciutat Vella”, dans le quartier de la Palma, le marché de Santa Caterina est historiquement le premier du genre à Barcelone. Une proposition architecturale de haute voltige sur trois niveaux, surplombée d’un toit ondulé, décorée de 325.000 céramiques colorées qui rappellent la tradition “trencadis”. Aussi bien fréquenté par les habitants du quartier que par les touristes, il est également le point de ralliement des amateurs de voile qui fréquentent le port non loin.

    Comprenant plus de 100 stands dédiés à la bouche, le mercat combine, de manière efficace et harmonieuse, une offre commerciale sédentaire et un marché traditionnel, tout en laissant la place à la culture et au service. Résolument tourné vers la technologie depuis sa rénovation, le marché offre également à 30% des occupants la possibilité d’être équipés d’ordinateurs.

    Cette connectivité permet aux clients de passer leur commande directement depuis la maison, mais également de les faire livrer. Si la démarche peut paraître particulière dans un marché où les sens sont privilégiés, elle n’en demeure pas moins nécessaire pour parer à la concurrence des supermarchés.

    Outre sa fonction commerciale, le marché a permis un véritable renouveau du quartier. Suite à sa rénovation, de nouvelles fonctions ont été intégrées : installation du Wifi, augmentation des places de parking, renouveau immobilier et résidences pour personnes du troisième âge… L’exemple parfait du marché traditionnel, qui pérennise la culture et l’identité de sa ville et de ses citoyens.

    août 23, 2017
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